
















nous sommes heureux d’annoncer notre partenariat avec l’excellent blog Transversales, animé par Valery Poulet, particulièrement dédié à l’image & les formes artistiques qui la questionne, la porte & l’exprime y compris par le texte.
proche de generic, donc.

/ we’re glad to launch our partnership with ‘Transversales’, a blog managed by Valery Poulet, that is particularly dedicated to the image at large and the artistics forms that question it, carry it & express it, including through text.
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Transversales: Art, cinéma, musique, architecture, photographie, littérature
quelques posts récents:
Voies sans issues, film Rome plutôt que vous, de Tariq Teguia
Phalènes urbaines, au sujet du travail photographique de Malala Andrialavidrazana
Paysages après la bataille, au sujet du travail photographique de Anne-Marie Filaire
par Valery Poulet @ Transversales, blog partenaire generic.
"Tout corps plongé dans un liquide subit une poussée verticale dirigé de bas en haut, et d'intensité équivalente au poids du liquide déplacé…
Les corps de Jennifer Lund subissent tous la loi de la poussée d’Archimède, certains tentent d’y resister, d’autres se laissent flotter, dériver, … Corps d’hommes, corps de femmes aux attitudes diverses, certains repliés sur eux-mêmes, d‘autres en expansion, en symbiose… Mais aussi en résistance face à l’élément aquatique tel cet homme semblant relever le défi d’Archimède, le bras tendu, allure martiale de super héros, allure prométhéenne d’un instant de triomphe… Jennifer nous propose donc des corps plongés dans un élément qui n’est pas le leurs… L’élément aquatique, mais élément primordial, ne nous propose –t’elle pas une espèce de grand retour vers l’élément matriciel, vers cette liquidité amiotique originelle ?
Les attitudes de résistances, d’abandon, ou d’osmose ne sont-ils pas révélateur de nos attitudes quotidienne ?
Ces attitudes sont vu par le miroir déformant de l’eau… Les contours deviennent flous, se déforment, les membres se dédoublent… Deviennent ambivalent, la nudité n’apparaît plus dans toute sa crudité mais devient filtré par les effets de reflets, où se trouve la vérité des corps, où se trouve la vérité de l’image ? Jennifer Lund se joue ici de cette vérité ; avant d’entrer dans l’ère du soupçon, la photographie fut longtemps considérée comme un document fiable. La photographe nous donne à voir l’image et son reflet, nous plonge dans l’indistinction, s’amuse de la proximité de la photographie avec la réalité, qu’elle déforme à plaisir.
« La photographie est une machine à capter plutôt qu’à représenter. Capter des forces, des mouvements, des intensités, des densités, visibles ou non ; non pas représenter le réel, mais produire et reproduire du visible (non le visible) »
La photographie André Rouillé
Jennifer Lund joue avec ce principe fondamental de captation. Mais que voit-on exactement ? Est-ce bien cette homme ou cette femme que nous voyons ou est-ce son reflet ? Nous sommes comme pris dans la caverne où se projettent les ombres agitées. Pouvoir illusioniste de la photographie proposé dans cette série par la photographie. Voilà ce que nous voyons, le temps, le mouvement se retrouvent distordus. Dans les interstices du temps viennent se prendre et se suspendre les chatoiements liquides des mouvements.
Dominantes bleues et vertes, nudité des corps viennent renforcent cette impression irréelle d’atemporalité, cette suspension du mouvement et du temps… Le mouvement dure un temps et s’abolit dans le flottement... Finalement, comme Ophélia, morte, flottant au gré de l’eau, recouverte de sa robe d'éternité, nous ne sommes que "99% water"..."
"99% Water"
Jennifer LUND
Jusqu'au 3 juillet
48 rue Chapon, 75003 paris
par Valery Poulet
@ Transversales, blog partenaire generic.
lien / link generic:
generic flux: “99% Water” de / by Jennifer Lund @ Galerie Riff Art Projects, Paris
par / by Valery Poulet @ Transversales, blog partenaire generic.
“Le vol des espoirs
« Flying » toiles aux images en suspension dans l’espace blanc d’un cadre est une nouvelle proposition d’Ilya et Emila Kabakov au-delà d’un dispositif formel nous interrogent sur le dessous des images…
D’abord en première instance, ce qui marque ce sont les images que nous montrent Ilya et Emilia Kabakov, des images qui nous parlent d’un pays de cocagne, où tout ne semble que calme, abondance et bonheur…
Un choix de sujets, paysans, ouvriers dans leurs activités, visages réjouis, descriptions d’un monde radieux… Image d’un monde idyllique où enfin le monde serait parfait et dont il n’y aurait plus nul besoin de s’échapper, de s’envoler… Cet air de déjà-vu renvoie à une réalité autre…
Un certain vocabulaire esthétique précis qu’on a appelé le Réalisme socialiste définit comme suit lors du premier congrès des écrivains soviétique qui se tint à Moscou en Août 1934
" Une représentation véridique et historiquement concrète de la réalité dans son développement révolutionnaire. Il doit en particulier contribuer à la transformation idéologique de l'éducation des travailleurs dans l'esprit du socialisme ".
Cette définition de ce que devait être l’art socialiste eut les conséquences que l’on connaît ; d’abord d’accuser les avant-gardes notamment russes de formalismes petit-bourgeois, d’assujettir l’art à des fins politiques, à l’instrumentaliser. Le résultat fut de déployer une production artistique lénifiante, figée dans des canons édicté par le régime totalitaire que fut l’URSS de Staline...
Ilya et Emilia Kababov s’approprient donc cette imagerie. Détail d’importance, Ilya kabakov, jeune, fut forgé dans ce moule idéologique et fut artiste d’état en URSS de nombreuses années…
Mais revenons aux toiles de cette série,
Ces images flottent donc, mais pas seulement. Certaines de celles-ci sont tronquées, sortent du cadre, d’autres se superposent, où alors sont déformées, mises à l’envers. Les Kabakov nous placent d’emblée dans un conflit de regard. D’abord ce morcellement, ce glissement hors du cadre pour certaines, ces superpositions et ces anamorphoses…
« Flying »
Notre position de regardeur nous oblige à tenter de deviner ce qui disparaît, ce qui est masqué, à nous casser le coup pour redresser ces anamorphoses ou bien voir l'endroit de ces images.
Un rapport certain avec le cinéma intervient aussi dans cette série. Ce glissement, ces parties masquées peuvent s’assimiler à un hors-champ, ou alors à un changement de plan ou encore un fondu. Le fond blanc de la toile devenant l’écran sur lequel vont et viennent les images…
Par ces grandes surfaces blanches, ils poussent plus loin encore le procédé déjà utilisé dans la série « Under the snow »
« under the snow »
« Under the snow » restait encore des toiles « réalistes » dans le sens où les images apparaissaient derrière la neige, élément de la nature. Dans « Flying », il y a confrontation du réalisme à l’abstraction. Ces images flottantes peuvent être regardées comme jouant de formes géométriques, peuvent se lire comme des tableaux constructivistes. Ces toiles se réfèrent directement à Malevitch.
"Réalisme pictural d'un garçon au sac à dos" Malevitch
Malevitch, les Constructivistes, les Futuristes, les Suprématistes, Vertov et le Kino-pravda qui projetèrent tous leurs espoirs de transformer, l’art, le monde, la vie, à travers la révolution de 1917…
Les Kabakov nous réassignent au destin de cette avant-garde. Avant-garde qu’ils méconnurent car elle fut bannie du système d’éducation artistique en URSS…
Ils nous confrontent donc à une partie de l’histoire de l’art russe mais aussi aux grands espoirs révolutionnaires et aux terribles désillusions qui s'ensuivirent.
« Flying »
Par le choix de cette revisite des poncifs, chromos du Réalisme socialiste en peinture, les Kabakov posent aussi la question actuelle du statut de l’image…
Ces images des toiles qui semblent entrer, sortir du champ de cet écran qu'est le fond blanc de la toile, ces images qui masquent ou en recouvrent d’autres comme pour les congédier...
Ne serait-ce pas le flux interchangeable des images qui défilent sur nos écrans…
Déformations, anamorphoses…
Attention, une image peut en cacher une autre, semblent nous dire Ilya et Emilia Kabakov…"
Valery Poulet @
site des artistes / artists’ website: http://www.ilya-emilia-kabakov.com/
@ Fondation Entreprise Ricard (sur l’expo en cours)
rappel / reminder:
ILYA & EMILIA KABAKOV, THE FLYING PAINTINGS (Tableaux volants)
17 MARS — 17 AVRIL 2010
7 Rue Debelleyme75003 Paris
& rhizome:
@ Sean Kelly, N.Y., 2006
@ Biennale de Venise, 2007 “Ship of Tolerance”
@ Artexis. tv, expo “Under the Snow”, Paris, 2008
“Kabakov 50 installationen 2’ (extract of 13’)” / 2000
“ The fly motif is so important that it remained in Ilya Kabakov's work until after he moved to the West. The 1992 installation in Cologne, Life of Flies, consists of several halls in which the economy, politics, culture, and an entire civilization, specifically the Soviet Union, are associated with flies. The civilization has an atmosphere so boring that flies die from it. Throughout Kabakovs oeuvre the flies represent two seemingly different themes: human lives and garbage.”
credit: dewil’s tube @ youtube
liens / links:
@ Culture.fr, @ Maison des cinq sens “La Maison aux personnages de Ilya et Emilia Kabakov” Bordeaux (2009), @ Silences (Marin Karmitz), “Labyrinth - My Mother’s Album”, vidéo, ...

“Autoconsumation
Valses de caddys, et de fauteuils percutions de barils, bottes aux martèlements martiaux, carabines rotatives, perceuses affolées, voitures qui hoquètent, affaissements de néons…
Autant de propositions aux aspects inoffensives et qui inviteraient au jeu…
Mais si les objets les plus quotidiens de notre environnement devenaient autonomes, se passaient de nous ? Et si ces jeux innocents étaient notre cauchemard ?
Donc avec Délphine Reist, nous pénétrons dans un monde faits d'objets fous aux mécaniques autonomes et incontrôlables… Passifs face à eux, la maitrise de ces objets nous échappe, ils ne répondent pas à nos injonctions, ils se jouent de notre contrôle, par leurs emballements, par leurs mises en route aléatoires… nous ne sommes pas exclus mais placés comme devant un fait accompli face à ces mécaniques, dérivant dans leurs conduites incohérentes, tels des bateaux ivres… Là se révèle très vite la dimension politique des oeuvres de Delphine Reist qui nous emmène dans un premier temps vers le sens d'une révolte des objets que nous produisons… Ne faut-il y voir une lecture métaphorique de l'affolement de notre monde, lâché en roue libre sans pilote dans l'avion ? Le monde de JG Ballard n'est pas loin non plus, prothèses attachées à nos corps et nous rend esclaves. Marcher au pas comme ces bottes en caoutchouc qui s'animent seules sur des airs militaires…
http://video.fc2.com/content.php?kobj_up_id=20080603uNaLGweK
Innocence ? plus vraiment.
Le choix des lieux ; le plus souvent des friches industrielles, des parkings, en priorité des lieux non-institutionalisés ou l'espace d'une galerie y participe aussi car les objets animés se heurtent à des murs, murs de l'institution ? L'intention est de s'adresser à tous, à rechercher un public qui ne soient pas des « happy few ». Le propos n'est pas de juger de l' efficacité ou non mais de tenter de relever en quels termes et moyens sa démarche est politique.
La première évidence qui frappe l'esprit et les yeux face à ses travaux tirant partie et triturant des objets manufacturés tels que outils ou ustensiles usuels, ce sont ces évidentes filiations avec Marcel Duchamp et ses ready-mades. A sa machine-célibataire aussi, concept qui alimenta le mouvement Dada avec ces séries de mécanismes à la recherche d'un mouvement perpétuel impossible, une quête insensée à la limite de l'absurde…Picabia avec sa « Fille née sans mère » par exemple… Tinguely ou Roman Signer sont également proches.
« Surfaces d'enregistrement, corps sans organes (...) l'essentiel est l'établissement d'une surface enchantée d'inscription ou d'enregistrement qui s'attribue toutes les forces productives et les organes de production, et qui agit comme quasi-cause en leur communiquant le mouvement apparent », telle est la définition que donnent Deleuze et Guattari des machines-célibataires.
« Fille née sans mère » Francis Picabia
Les machines-célibataires en appellent à une forme d'érotisation mécanisée, comme il y a rapport certain à la mort dans les dispositifs de Tinguely, « l'hommage à New-York » est exemplaire en ce sens, machinerie qui ira jusqu'à son auto-destruction par une série d'événements en chaîne… Mac Luhan soulève la théorie que nous ne sommes à l'instar des abeilles avec les fleurs que les appareils génitaux des objets… Cette idée rejoint le concept de cette machine célibataire qui s'auto-érotise.
Cette forte potentialité érotique et obituaire -les liens entre érotisme et mort ne sont plus à prouver- prend toute sa place chez Delphine Reist, dans tout le travail important sur les fluides qu'elle entreprend aussi.
Fluides, comme liquides séminaux, fluides comme circulation, échange ou vase clos…
Les éléments constitutifs de ces fluides utilisés par Delphine Reist sont le plus généralement de l'huile de vidange,. Matières-marchandises recyclées ad libitum, ce que nous montre Delphine Reist Politique des fluides comme métaphore de la circulation des marchandises souvent fabriquées dans des usines délocalisées, d'où aussi cette insistance pour Delphine Reist d'exposer dans des friches industrielles, lieux symbolique d'une industrie défunte…
« La richesse des sociétés dans lesquelles règne le mode de production capitaliste s'annonce comme une immense accumulation de marchandises. L'analyse de la marchandise, forme élémentaire de cette richesse, sera par conséquent le point de départ de nos recherches » Karl Marx
Marchandises, objets, fluides, circulations… Elle n'est pas non plus éloignée du travail d'un Gianni Motti quand celui-ci joue sur la notion de valeur d'usage et valeur d'échange avec les billets de banque. Il expose les moyens de notre consommation, l'argent, fluide souvent virtuel et lui aussi fétichisé, dans les galeries…
Delphine Reist nous parle à sa manière de la fétichisation de la marchandise, de la pulsion érotique qui s'empare de nous face aux objets… Mais d'une pulsion morbide, une érotisation sans objet, un onanisme sans plaisir, quasi-hygiéniste… La grande force du libéralisme étant de jouer de la frustration et de créer par son mode de fonctionnement les conditions d'une érotisation onanisée, réifiée et solitaire. Finalement, ces caddys, ces chaises qui s'agitent, nous montrent la vacuité de ce système économique… Mais pointe aussi notre absence. Et en cela propose une résistance politique dans ses œuvres.
Nulle présence humaine chez Delphine Reist. Cette présence-absence hante chacun de ses travaux, le vide d'une friche industrielle, comme le vide d'une chaise Le travail de Delphine Reist creuse la métaphore du corps absent, d'un corps dont seules restent les prothèses, d'un corps désérotisé, d'un corps dépossèdé…
Delphine Reist nous pose alors la question : quelles sont ces machines célibataire, la marchandise ou nous ? “
Valery Poulet @
&
Delphine Reist @ wikipedia, @ eternal network, @ paris art, (actualité 2010), @ manoeuvres,...
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