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22/01/2010

generic, flux: Grégory Derenne @ Galerie Bertrand Grimont 18.01.10 - 13.03.10



















Grégory Derenne

“vitrine”, 2008, acrylique sur toile 60 x 60cm

courtesy galerie Bertrand Grimont


autres visuels ici



“...Partant du noir pour aller vers la lumière, l’artiste fait affleurer le réel à la surface du tableau. Dans ces œuvres figuratives, la matière colorée jaillit sur la toile noire laissée apparente, à l’état brut. Un jeu de formes et de couleurs s’engage, amorçant une forte tension entre abstraction et réalisme. Un écran de contrôle devient une tache de lumière ponctuant une composition, la lumière d’un spot enflamme un angle, les cloisons d’un décor dessinent des plans sombres ou lumineux qui organisent l’espace. les silhouettes sont indéterminées, réduites à une ombre ou un reflet. ...”


in Grégory Derenne, “présentation”, par Magali Lesauvage, source


+


““...Ainsi, la parade nuptiale des lucioles de l’Ancien et du nouveau Monde, adaptée à la nuit, se fait par luminescence colorée ou non par les couleurs habituelles visibles le jour. Cela ne va pas sans malice. La luciole femelle du genre Photuris répond aux éclairs du mâle en vol, une conversation lumineuse s’ensuit et les deux amants s’accoupplent. Mais après cela, la femelle adopte la séquence d’éclairs d’un autre luciole du genre Photunis et leurre les mâles qui se posent et se font dévorer. Là il est clair que Lucifer s’en mêle. (1)”

A travers cette nouvelle évocation du diable “porteur de lumière” - ou du mal -, ce qui est en cause, avant tout, n’est que le jeu cruel de l’attraction inhérent au règne animal: tout à tour don de vie et don de mort, appel à se reproduire et appel à se détruire mutuellement. Or, au centre de tous ces phénomènes, la bioluminescence illustre un principe magistralement introduit en éthologie par Adolf Pormann: il n’y a pas de communauté vivante sans une phénoménologie de la présentation ou chaque individu affronte - attire ou repousse, désire ou dévore, regarde ou évite - l’autre....””


(1)Claude Gudin, Histoire naturelle de la séduction, Le Seuil, Paris 2003,

cité par Georges Didi-Huberman, Survivance des Lucioles, p. 47-48, Les Editions de Minuit, Paris, 2009


vernissage samedi 23.01.10, 18 - 21h.00


site de la galerie Bertrand Grimont



03/01/2010

generic, publications / books: "Survivance des lucioles", de / by Georges Didi-Huberman
















Georges Didi-Huberman

Survivance des lucioles


2009

144 p.

13 €

ISBN : 9782707320988

EAN13 : 9782707320988






blurb de l’éditeur / publisher’s blurb:


" Dante a, autrefois, imaginé qu'au creux de l'Enfer, dans la fosse des « conseillers perfides », s’agitent les petites lumières (lucciole) des âmes mauvaises, bien loin de la grande et unique lumière (luce) promise au Paradis. Il semble bien que l’histoire moderne ait inversé ce rapport : les « conseillers perfides » s’agitent triomphalement sous les faisceaux de la grande lumière (télévisuelle, par exemple), tandis que les peuples sans pouvoir errent dans l’obscurité, telles des lucioles.


Pier Paolo Pasolini a pensé ce rapport entre les puissantes lumières du pouvoir et les lueurs survivantes des contre-pouvoirs. Mais il a fini par désespérer de cette résistance dans un texte fameux de 1975 sur la disparition des lucioles. Plus récemment, Giorgio Agamben a donné les assises philosophiques de ce pessimisme politique, depuis ses textes sur la « destruction de l’expérience » jusqu’à ses analyses du « règne » et de la « gloire ».


On conteste ici ce pronostic sans recours pour notre « malaise dans la culture ». Les lucioles n’ont disparu qu’à la vue de ceux qui ne sont plus à la bonne place pour les voir émettre leurs signaux lumineux. On tente de suivre la leçon de Walter Benjamin, pour qui déclin n’est pas disparition. Il faut « organiser le pessimisme », disait Benjamin. Et les images — pour peu qu’elles soient rigoureusement et modestement pensées, pensées par exemple comme images-lucioles — ouvrent l’espace pour une telle résistance.


http://www.leseditionsdeminuit.eu...


+


...”Pour l'historien d'art Georges Didi-Huberman, qui mène une passionnante enquête sur la vision apocalyptique à l'intérieur de la pensée critique, c'est Walter Benjamin (1892-1940) qui a le mieux théorisé ce naufrage de la modernité. Avec la Grande Guerre, expliquait-il, "c'est comme si nous avions été privés de la faculté d'échanger des expériences". Benjamin témoignait de la sidération d'une génération "qui était encore allée à l'école en tramway hippomobile et se retrouvait à découvert dans un paysage où plus rien n'était reconnaissable". La crise des années 1930 ne fut pas seulement économique, mais également anthropologique. C'est pourquoi, tel un krach boursier, "le cours de l'expérience a chuté", concluait-il.


Innocence perdue


Mais un autre insurgé a encore davantage incarné la conscience de cette déflagration : Pier Paolo Pasolini (1922-1975). Le cinéaste et poète italien n'a cessé de s'en prendre au "génocide culturel" perpétré par le monde contemporain contre l'expérience humaine. Ainsi de l'anéantissement des pratiques populaires de l'Italie industrialisée des années 1960 et 1970. Une belle image représente cette perte : la disparition des lucioles de la nuit italienne, dont la pollution a éteint le scintillement lumineux, déplore Pasolini dans des écrits d'une rare intensité. La luciole symbolise ici l'innocence perdue, le désir qui irradie et illumine amis et amants au coeur de la nuit. Mais elle est aussi la métaphore d'une humanité en voie d'extinction. Pire, dans une société qui déifie les gloires clignotantes de la télé et qui "stéréotype" les regards, "il n'existe plus d'êtres humains", assure Pasolini, mais seulement "de singuliers engins qui se lancent les uns contre les autres". Ainsi le fascisme ne serait pas mort, il bougerait encore. Il se réaliserait même beaucoup mieux à travers une modernité qui troque les bruits de bottes contre le cliquetis des caisses enregistreuses. ...”


texte complet ici / full text here:


"Survivance des lucioles", de Georges Didi-Huberman : lueurs d'espoirs face aux lumières aveuglantes du pouvoir, par / by Nicolas Truong


http://www.lemonde.fr/livres/article/2009/12/03/survivance-des-lucioles...


&


Autour de "Survivance des lucioles" de G. Didi-Huberman


“... “ Il y a trois jours, Paria et moi sommes descendus dans les recoins d’une joyeuse prostitution, où de grasse mamans (…) nous ont fait penser avec nostalgie aux rivages de l’enfance innocente. Nous avons ensuite pissé avec désespoir (…) La nuit dont je te parle nous avons dîné à Paderno, et ensuite dans le noir sans lune, nous sommes montés vers Pieve del Pino, nous avons vu une quantité énorme de lucioles qui formaient des bosquets de feu dans les bosquets de buissons, et nous les enviions parce qu’elles s’aimaient, parce qu’elles se cherchaient dans leurs envols amoureux et leurs lumières, alors que nous étions secs et rien que des mâles dans un vagabondage artificiel. J’ai alors pensé combien l’amitié est belle, et les réunions de garçons de vingt ans qui rient de leurs mâles voix innocentes, et ne se soucient pas du monde autour d’eux, poursuivant leur vie, remplissant la nuit de leurs cris. Leur virilité est potentielle. Tout en eux se transforme en rires, en éclats de rire. Jamais leur fougue virile n’apparaît aussi claire et bouleversante que quand ils paraissent redevenus des enfants innocents, parce que dans leur corps demeure toujours présente leur jeunesse totale, joyeuse. ” [...] “ Ainsi étions-nous cette nuit-là : nous avons ensuite grimpé sur les flancs des collines, entre les ronces qui étaient mortes et leur mort semblait vivante, nous avons traversé des verges et des bois de cerisiers chargés de griottes, et nous sommes arrivés sur une haute cime. De là, on voyait très clairement deux projecteurs très loin, très féroces, des yeux mécaniques auxquels il était impossible d’échapper, et alors nous avons été saisis par la terreur d’être découverts, pendant que des chiens aboyaient, et nous nous sentions coupables, et nous avons fui sur le dos, la crêt de la colline. ”


http://spectresducinema.blogspot.com/2009/12/survivance-des-lucioles...


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Organisons notre pessimisme - Georges Didi-Huberman - Survivance Des Lucioles (Minuit, 2009), par / by Pedro Babel


http://www.paperblog.fr/2605317/organisons-notre-pessimisme...



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Georges Didi-Huberman "Survivance des lucioles", Les lucioles ont-elles disparu ? Bien sûr que non..., par / by Eric Aeschimann, LIBERATION


http://www.arenberg.be/fr/5/article/56/Georges-Didi-Huberman-


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Survivance des lucioles / Georges Didi-Huberman


http://lesilencequiparle.unblog.fr/2009/10/31/survivance-des-lucioles...


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Séminaire des Lucioles: Alain Brossat / Georges Didi-Huberman / Mathilde Girard / Stéphane Nadaud





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G. Didi Huberman sur P.P. Pasolini



25/09/2009

generic, flux - publications / books, Georges Didi-Huberman


de manière programmatique generic se tient à distance de la télévision, son tropisme de la stupeur végétative, sa “lune(tte) froide”, ses hoquets grillagés ne “berce(nt pas) l’infini”, ni ne scandent nos conditions d’existence.

en revanche il y parfois des enjeux dont elle peut actualiser le symptôme, une “embolie schizophrénique” qui crève la surface cathodique du récit millénariste en train de se dé-faire.

("la fin du monde est une idée sans avenir",
Paul Virilio)

ci-après Georges Didi-Huberman en éclaire la membrane si peu réfléchissante:

“ En mettre plein les yeux et rendre «Apocalypse» irregardable

Par GEORGES DIDI-HUBERMAN philosophe et historien de l'art

Les images nous rendent l’histoire visible. Elles assument un rôle crucial dans notre façon de comprendre ce qui s’est passé, ce qui se passe autour de nous. Un rôle crucial, cela veut dire : à la croisée des chemins, donc pour le meilleur ou pour le pire. C’est en cela que les images - y compris les images du passé - sont toujours des objets politiques et, même, des actes politiques : des prises de position. Tant il est vrai qu’une image ne vaut que par la position qu’elle occupe dans un montage où interviennent, bien sûr, d’autres images choisies à propos, mais aussi des mots, des pensées, des prises de position devant l’histoire.

La série télévisée Apocalypse nous rend «visibles» un certain nombre de documents relatifs à la Seconde Guerre mondiale. Nous les rend-elle regardables, «lisibles», pensables, compréhensibles pour autant ? Quelle est donc sa position ? Les réalisateurs, les producteurs et les directeurs de programme se sont contentés d’adopter une posture typique du monde commercial, l’autocélébration : projet «pharaonique», émission «miracle», «révélation» de l’histoire… On a remonté des archives visuelles en leur restituant, dit-on, «une qualité d’image tout simplement époustouflante ! De quoi convaincre tout le monde !» (dixit Daniel Costelle, l’auteur du commentaire). La chaîne de télévision, de son côté, a réussi la prouesse de transformer une «commémoration» - le soixante-dixième anniversaire du déclenchement de la guerre - en cet «événement» nommé prime time.

Mais de quel événement parlons-nous ? Et de quoi veut-on nous convaincre ? Avant tout de la puissance même dont se targue la machine télévisuelle. Les réalisateurs nous disent avoir fabriqué un objet capable de «carrément séduire un jeune public», de «bluffer» les spectateurs par leurs techniques de traitement de l’image, en sorte que, devant les archives remontées, colorisées, sonorisées, «les jeunes vont s’éclater» (redixit Daniel Costelle). Au même moment, le film s’autoproclame en voix de la vérité, débutant sur ces mots qui vont faire date dans l’histoire de l’immodestie : «Ceci est la véritable histoire de la Seconde Guerre mondiale.» On comprend qu’il n’y ait pas, au générique, un seul nom d’historien de premier plan (comme Raul Hilberg avait pu assumer son rôle de chercheur dans Shoah de Claude Lanzmann). Les historiens sont en général bien trop modestes - et respectueux - devant leur objet pour oser croire «bluffer» qui que ce soit ou prétendre «convaincre tout le monde» avec leurs hypothèses.

Les trois premières minutes d’Apocalypse forment un cocktail parfaitement stéréotypé de mort (pour «bluffer» ?), de haine (dont Mathieu Kassowitz, l’auteur du film du même nom, nous ressassera le motif à longueur d’épisodes) et de sexe (pour «s’éclater» ?) : cadavres dans la rue, sang, flammes, plus le récit du viol d’une femme allemande qui se termine par le dicton «mieux vaut avoir un Russe sur le ventre qu’un Américain au-dessus de la tête». Les trois dernières minutes, quant à elles, débitent un montage qui fera se succéder les ruines d’Hiroshima, une vision de camp, l’héroïsation des cameramen, le retour de Rose - petite fée de toute la série, comme le «petit chaperon colorisé», rouge comme il se doit, de la Liste de Schindler - et enfin un vrai baiser sur la bouche digne du meilleur cinéma américain. C’est sans doute ainsi que l’on veut «carrément séduire un jeune public». C’est ainsi que le «jeune» spectateur en aura plein les yeux.

En mettre plein les yeux : c’est le contraire exactement de donner à voir. Mais l’appareil télévisuel, nous en faisons l’expérience chaque jour, fonctionne à la surenchère et à l’autosatisfaction : nous avons réussi à placer huit cents plans par épisode, nous avons reconstitué les couleurs, nous avons ajouté les sons absents des images originales… Autant dire que les documents de l’histoire deviennent des confettis dans un montage qui veut ressembler à un feu d’artifice d’images. Les réalisateurs ont bien anticipé la possible polémique avec les puristes du document. Mais il ne s’agit pas de purisme, justement : rien n’est pur en ce domaine, et toute image - dès sa prise de vue - est le résultat d’une opération technique, d’une médiation, donc d’une manipulation. La question est de savoir ce qu’on veut faire de nos mains qui manipulent : étouffer les images ou bien les traiter avec tact. Il s’agit aussi d’avoir l’honnêteté minimale de reconnaître les limites de ce qu’on fait. Pourquoi prétendre restituer la «vérité en histoire» tout en reconnaissant vouloir nous «séduire» et nous «bluffer» ? Bluffer, cela veut dire impressionner - la guerre est impressionnante, de toute façon -, mais cela veut aussi dire mentir.

Que la colorisation d’Apocalypse ait été obtenue par des procédés nouveaux et performants n’entre pas en ligne de compte dans ce débat. Ce qui compte est l’acte, et son résultat. Coloriser, technique vieille comme le monde, n’est rien d’autre que maquiller : plaquer une certaine couleur sur un support qui en était dépourvu. C’est ajouter du visible sur du visible. C’est, donc, cacher quelque chose, comme tout produit de beauté, de la surface désormais modifiée. Ainsi rend-on invisibles les réels signes du temps sur le visage - ou les images - de l’histoire. Le mensonge ne consiste pas à avoir traité les images mais à prétendre qu’on nous offrait là un visage nu, véritable, de la guerre, quand c’est un visage maquillé, «bluffant», que l’on nous a servis.

François Montpellier, le technicien de colorisation d’Apocalypse, admet lui-même que son traitement des images consiste, je le cite, à «unifier, dans une même continuité visuelle, des documents provenant parfois de sources différentes». Mais la continuité visuelle n’est qu’un choix esthétique et narratif parfaitement arbitraire, tous les monteurs le savent bien. La véritable histoire, quant à elle, n’est faite que de discontinuités, ne serait-ce que parce qu’elle a été regardée, vécue, enregistrée selon des points différents. Apocalypse, au contraire, veut nous faire croire qu’un seul cinéaste, avec le même sens des couleurs, aurait tout vu à la fois en tous les points du globe. Pourquoi voit-on partout ce même ciel bleu pâle des cartes postales rétros ? Pourquoi l’Ange bleu devient-il tout jaune ? Pourquoi le cadavre flottant dans la mer, à Omaha Beach, se découpe-t-il sur un beau fond outremer (la mer était peut-être verte et Samuel Fuller, qui était sur place, raconte que l’eau près du rivage était toute rougie du sang des morts) ? Pourquoi coloriser Dachau et pas Auschwitz ? Pourquoi diviser Buchenwald en noir pour certains plans, en couleurs pour d’autres ? Pourquoi l’enfer atomique est-il vert et mauve comme dans un film de science-fiction ? En justifiant le renoncement à coloriser les images de la Shoah pour «ne laisser aucun doute sur leur authenticité» et pour que «personne ne puisse y trouver matière à supercherie», les auteurs d’Apocalypse admettent que tout le reste de leur film peut se voir comme une véritable matière à supercherie.

Ce qui peut être dit de la colorisation des images vaut également pour leur sonorisation et leur commentaire. Gilbert Courtois connaît la différence de bruit entre un moteur Yakovlev et un moteur Stuka, fort bien. Moyennant quoi il se targue de n’avoir donné que des sons authentiques. Quant à Daniel Costelle, il émaille également son récit de noms authentiques : August Von Kageneck, Gaston Cirech, Armand (l’Alsacien enrôlé dans les «malgré-nous»), etc. Mais les gros plans associés à ces noms forment-ils un montage authentique ? Même le chien berger qui passe dans une rue de Berlin se voit associé au nom de Blondie, le chien de Hitler. Les documentalistes d’Apocalypse n’ont choisi que des images authentiques, mais le montage de deux authenticités qui n’ont rien à voir - par exemple tel visage et tel nom propre - n’est que pur mensonge au regard de l’histoire.

Notre langue elle-même nous prévient à chaque fois de toutes ces ambiguïtés lorsqu’elle distribue des sens opposés pour des mots tels que histoire (veut-on nous rendre l’histoire visible, ou bien veut-on juste nous raconter des histoires ?), légende (veut-on nous expliquer ce qu’une image dénote, ou bien veut-on juste construire un récit légendaire ?) et, bien sûr, image (veut-on nous rendre visible quelque chose du réel, ou bien veut-on juste nous en mettre plein les yeux). Les images d’Apocalypse ne constituent en rien notre patrimoine historique. Elles forment juste un montage et un traitement contestables de ce patrimoine. En ce sens, elles ne nous appartiennent pas. Elles n’appartiennent qu’au monde de la télévision qui les commercialise habilement.

La série Apocalypse n’a restauré ces images que pour leur rendre une fausse unité, un faux présent de reportage et de mondiovision. Elle a pensé que nous étions trop stupides pour accepter de voir des bribes blêmes, des lacunes, des bouts de pellicule rayés à mort. Elle s’est tout approprié et ne nous a rien restitué. Elle a voulu nous en mettre plein les yeux et, pour rendre les images bluffantes, elle les a surexposées. Façon de les rendre irregardables.

(nos emphases)
Dernier ouvrage paru : «Quand les images prennent position», aux éditions de Minuit, 2009."

source: Liberation.fr, Medias, 21.09.09

...
Georges Didi-Huberman
Quand les images prennent position
L'Œil de l'histoire, 1
2009
Collection « Paradoxe », 272 p., 46 illustrations in-texte
22,50 €
ISBN : 9782707320377
EAN13 : 9782707320377
voir /see:

& pour faire suite à un échange avec jepial @ generic:

Georges Didi-Huberman
Ce que nous voyons, ce qui nous regarde
1992
Collection « Critique » 208 pages, 42 illustrations hors-texte
19,35 €
ISBN : 2707314293
EAN13 : 9782707314291












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