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03/11/2009

generic, flux: Claude Lévi-Strauss est mort / is dead, R.I.P.

























image Pascal Pavani/Agence France-Presse,

source New York Times 29.11.08



Selon Philippe Descola, (qui lui a succédé à la tête du laboratoire d'anthropologie sociale au Collège de France) en novembre 2008 lors d’un colloque au C. de Fr. qui lui était consacré (avec d’autres événements dans 25 pays) a su décrire en quelques phrases le territoire et les enjeux de la pensée lévi-straussienne:


“Les gens réalisent qu’il était un des grand héros intellectuels du 20ème siècle” ... “Sa pensée est l’une des plus complexes de ce même 20ème siecle... il a donné un objet en propre à l’anthropologie: ce n’est pas simplement une étude de la nature humaine, mais une étude systématique de comment les pratiques culturelles varient, comment les pratiques culturelles sont systématiquement organisées”


traduit par nos soins, source New York Times


generic salue la vie et l’oeuvre de Claude Lévi-Strauss (1908 - 2009), dont la mort est rendue publique aujourd’hui, il va de soi que la disparition d’un intellectuel de cette stature appelle les métaphores maximales, notre époque etant éprise de commémorations, de “lieux de memoire”, de figures tutélaires...


les médias ici et ailleurs semblent embrayer les uns après les autres, ce qui est heureux, même les fiches wikipedia sont déjà à jour, (3 novembre 2009 à 19:54. - http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Lévi-Strauss) en Français, Anglais, Espagnol, ...


Claude Lévi-Strauss fut un homme, un intellectuel: lisons ses livres, écoutons les archives sonores, regardons les documentaires, mais résistons au mythe (mal nécessaire?) “Levi-Strauss” en formation, forme douce de la neutralisation, puis de l’oubli.


cela nous rapproche résolument de notre manifeste, ci-après.


pour clore ce post approximatif et exprimer un tant soit peu son respect et sa gratitude, generic s’associe à ces mots de Jacques Lacan saluant la memoire de Maurice Merleau-Ponty, que nous prolongeons vers Claude Levi-Strauss, R.I.P.


“Si je m'arrête à l'éthique implicite en cette création, négligeant donc ce qui l'achève en une oeuvre engagée, ce sera pour donner un sens terminal à cette phrase, la dernière à nous en rester publiée, où elle paraît se désigner elle-même, à savoir que "si les créations ne sont pas un acquis, ce n'est pas seulement que, comme toutes choses elles passent, c'est aussi qu'elles ont presque toutes leur vie devant elles."


Qu'ici mon deuil, du voile pris à la Pietà intolérable à qui le sort me force à rendre la cariatide d'un mortel, barre mon propos, fût brisé.”


Jacques Lacan, Maurice Merleau-Ponty, in Les Temps Modernes - numéro spécial sur Maurice Merleau-Ponty, 1961


source


élément de manifeste generic:


Nanos gigantium humeris insidente


Bernard de Chartres, 1120


“Nous sommes comme des nains juchés sur les épaules de géants, afin de voir mieux et plus loin qu'eux, non que notre vue soit plus perçante ou notre taille plus élevée, mais parce que nous sommes portés et soulevés par leur stature gigantesque.”


&


"We are like dwarfs sitting on the shoulders of giants. We see more, and things that are more distant, than they did, not because our sight is superior or because we are taller than they, but because they raise us up, and by their great stature add to ours."


John of Salisbury, Metalogicon, 1159...


http://espacegeneric.blogspot.com/2009/05/nanos-gigantium-humeris-insidente.html


&


voir aussi structuralisme, entre autres lectures...


&









Collection : Levi Strauss

Genre : Essais et Documents

Thèmes : Art et Culture — Ethnologie, Anthropologie — Voyage


Date de parution : 01 Avril 1993

Prix : 21 €

ISBN : 2-259-02715-6


"Au cours d’une longue existence, l’auteur a regardé beaucoup de tableaux, écouté beaucoup de musique, lu beaucoup de livres, parmi lesquels il lui est apparu que certaines œuvres se singularisaient. Ce ne sont pas les seules qu’il admire : entre elles pourtant, dans son esprit, un réseau de correspondances se tisse.

Il cherche ce que ces œuvres peuvent avoir de commun. Elles ne se ressemblent pas, mais, pour les comprendre, sa pensée se sent contrainte à suivre le même cheminement. A propos d’œuvres d’art exemplaires, c’est donc sa façon de penser l’art que l’auteur entreprend d’explorer.

Ecrit sur le ton de la conversation, ce livre ouvre dans la peinture, la musique, la littérature des perspectives qui se croisent et se recroisent. Des réflexions sur Poussin et sur Ingres s’entrelacent à d’autres sur l’écoute musicale telle qu’elle a évolué depuis Rameau. Les idées de Diderot et de Rousseau sur les beaux-arts sont comparées à celles d’un musicologue presque oublié, leur contemporain, dont les thèses anticipent la linguistique structurale. Plus près de nous, l’analyse et l’interprétation d’un célèbre sonnet de Rimbaud précèdent deux notes inédites sur les mêmes thèmes, échangés il y a un demi-siècle avec André Breton."

source

& quelques liens:

le monde

http://www.memo-online.com/Dossier.asp?ID=304

bnf

la recherche

http://philosophie-en-ligne.fr/klesis/Klesis-Drach.pdf

http://lhomme.revues.org/index21262.html

http://www.kassataya.com/?p=1330

http://www.canalacademie.com/Levi-Strauss-entre-dans-la-Pleiade.html

http://www.lesgeniesdelascience.fr/ewb_pages/f/fiche-article-08-l-art-reflet-d-une-societe-19798.php

...

generic, flux: anniversaire Kassandre, structure partenaire de generic











"Premier anniversaire de Kassandre !!


communiqué de presse (extrait):


Nous sommes le deux novembre 2009, le collectif Kassandre a un an aujourd’hui !

Kassandre est un collectif qui vise a réunir les cinéastes (et par extension les vidéastes) ayant fait le choix de partager librement leurs créations en utilisant les licences libres (Art-Libre ou Creative Commons).


Notre action se décline sur deux axes principaux :


défendre et promouvoir ces cinéastes : et c’est ainsi qu’au cours de cette première année d’existence nous avons pu représenter et défendre plusieurs cinéastes et leurs créations, principalement Karim Khenoune, réalisateur de Dialogues avec mon psy, Guillaume Carrier, réalisateur de Toi m’aime et négatif, et Joseph Paris, (http://josephparis.fr/) réalisateur de Printemps Soluble (http://www.printemps-soluble.com/

). Ceci par une large promotion sur Internet et lors de plusieurs projections, notamment lors du Festival Artischaud dont nous sommes partenaire.


inventer de nouveaux modèles : comme nous avons du l’expliquer à Luc Besson en février dernier, ce n’est pas le film gratuit que nous défendons, mais bien le film libre. Si nous encourageons le partage de nos films sur la toile dans les conditions définies par les licences libres nous travaillons en profondeur sur l’invention de nouveaux modèles de financement de la création à l’heure d’Internet : nous allons ainsi être en mesure de dévoiler nos propositions dès le début de l’année 2010 : de la ré-invention des supports physiques, en passant par le don "intelligent" et la production collaborative.


quelques moments forts :


La Bataille Hadopi : nous avons participé au livre ’La Bataille Hadopi’ édité par InLibroVeritas (partenaire de Kassandre) et qui réunit 40 auteurs : experts, informaticiens, juristes, artistes, sociologues.. Notre contribution ici : http://www.kassandre.org/?Mais-le-c...


Partenariat avec l’e.space generic :


L’e.space generic est une galerie d’art contemporain qui vient d’ouvrir a coté de Paris et qui accueillera l’avant première de Printemps Soluble de Joseph Paris et tout au long de l’année d’autres films et artistes du collectif Kassandre. ..."


Voir : http://www.kassandre.org/?Espace-Generic
















source Kassandre


revue de presse :


Numerama : http://www.kassandre.org/?Revue-de-...


Les Inrocks : http://www.kassandre.org/?revue-de-...


France Culture : http://www.kassandre.org/?revue-de-...


LeMonde.fr : http://www.kassandre.org/?revue-de-...


France 3 / Ce soir ou jamais : http://www.kassandre.org/?Revue-de-..


20 Minutes : http://www.kassandre.org/?revue-de-...


Voir toute la revue de presse : http://www.kassandre.org/spip.php?p...



source du contact generic - Kassandre


& lien pour nos posts Joseph Paris, Kassandre

02/11/2009

generic, flux: Toni Garbini @ Festival du Film de Gênes 09 / Genova Film Festival






une mention du jury du Festival du Film de Gênes 2009, Italie: “... déglingué et poétique, imparfait et spontané, comme le monde des adolescents représentés" pour le documentaire vidéo de Toni & Diego Garbini: "Il nodo annodato".


ce documentaire est inspiré par “Il nuovi adolescenti” (Les nouveaux adolescents) de G. Charmet.


Toni Garbini est un des créateurs partenaires de generic, nos félicitations chaleureuses pour cette distinction.


avec le visionnage de ces extraits ainsi que d’autres ailleurs, ce rédacteur identifie dans ‘Il nodo annodato” une contribution à cette tension (souhaitable) vers une “impureté” du film politique contemporain dont ce post generic du 16.10.09: generic, flux: cinéma politique? vers une impureté, tentait de donner quelques pistes.


ici encore vos suggestions, commentaires et critiques sont bienvenus: e.spacegeneric@gmail.com


“il nodo annodato”, extrait vid. 1



“il nodo annodato”, still 2

















“il nodo annodato”, extrait vid. 3



“giulietta giocoliere- il nodo annodato”, extrait vid. 4



“il nodo annodato”, extrait vid. 5 (improvvisazioni e baci sulla musica di giorgio gaber)



images & vidéos courtesy T. & D. Garbini


source traduite par nos soins:


“documentario di toni e diego garbini ispirato a " I nuovi adolescenti" di G. Charmet, menzione della giuria al GENOVA FILM FESTIVAL 09 “per la sua capacità di essere sgangherato e poetico, imperfetto e spontaneo, come il mondo degli adolescenti rappresentato”.


liens:


http://www.teatroocra.it/immagini/nodoannodato/03.htm


http://www.genovafilmfestival.org/

01/11/2009

generic, flux: Richard Kelly, film - "The Goodbye Place"


pour celles et ceux pour qui Donnie Darko est une singularité (embolie hérétique) de/dans l’industrie culturelle, ci-après un film “archéologique” (1996) de Richard Kelly..., pour les autres, adhérents et lecteurs: une invitation à la découverte:

















“ Richard Kelly made his first short-film (The Goodbye Place) while still attending USC film school in 1996. The film was a class project and had certain restriction such as: No traditional dialogue & Under six minutes in length.(It seems Kelly had problems with his running time since the very beginning). And even with virtually no budget, the film still contains some limited visual effects.


The Goodbye Place won first prize at the James River Festival of the Moving Image in 1997... It also played at a few other film festivals around the country."

generic, flux: "nous", Djamel Kokene / Régis Debray, juxtaposition
















Djamel Kokene


courtesy: artist/e @ Galerie Anne de Villepoix


source



...


"Dans l'antiquité grecque, le Noûs, Nous, ou encore Noos, est l'esprit, la partie la plus haute, la plus divine de l'âme. Pour Platon, Noûs signifie le plus souvent l'intelligence .


Dans Phèdre, Platon compare l'âme à un attelage ailé, avec comme cocher la raison, l'esprit, l'intelligence, ("noûs"), comme cheval obéissant, la volonté, le coeur, ("thumos") et comme cheval rétif, les désirs, le "ventre", ("épithumia").


Plus loin, il écrit : « L'Essence (qui possède l'existence réelle), celle qui est sans couleur, sans forme et impalpable ; celle qui ne peut être contemplée que par le seul guide de l'âme, (le noûs) l'intelligence ; celle qui est la source du savoir véritable, réside en cet endroit. Pareille à la pensée de Dieu qui se nourrit d'intelligence et de science absolue, la pensée de toute âme, cherchant à recevoir l'aliment qui lui convient, se réjouit de revoir après un certain temps l'Être en soi, se nourrit et se rend bienheureuse en contemplant la vérité, ...1 ».


1 Phèdre, 247, traduction P.Renacle (traduction récente), ou p247, édition La Pléiade, traduction"


source


& immersion version "panoptique" / 'panoptic-on version:















ou version "linéaire" / or 'linear' version:


"I. Pron. pers. de la 1re pers. du plur.


A. Valeurs sém. [Le locuteur est le terme constant de l'addition de la première personne et d'une autre ou d'autres personnes; la ou les personnes qu'il associe à lui sont, dans son esprit, déterminées individuellement ou collectivement; elles ne sont pas nécessairement présentes, mais toutes sont concernées au même titre que le locuteur lui-même]


1. [Désigne le locuteur associé à une ou à plusieurs autres pers., dans un groupe restreint]


a) [Nous = je + tu (ou + vous de politesse), toi et moi]

[Le tu est déterminé, le locuteur place l'interlocuteur sur le même plan que lui] Il est parti! dit-il. ?Alors, nous pouvons causer, mon cher. Tout à notre aise (Ponson du Terr., Rocambole, t.3, 1859, p.118).

[Le locuteur s'adresse à un animal ou (littér.) à un objet personnifié] «Voulez-vous venir avec nous aux bains de mer?» «Qui cela, nous!» «Moi et mon oiseau (...)» (Flaub., Éduc. sent., t.2, 1869, p.74):


1. Mon beau navire ô ma mémoire

Avons-nous assez navigué

Dans une onde mauvaise à boire

Avons-nous assez divagué

De la belle aube au triste soir...

Apoll., Alcools, 1913, p.47.


[Le tu est indéterminé, l'auteur associe à lui le lecteur] Représentons-nous donc la lune fixée à l'extrémité du rayon de son orbite terrestre (Bern. de St.-P., Harm. nat., 1814, p.371). V. entendre II A 2 b ? ex. de Thibaudet.


b) [Nous = je + il (ou + elle)] Mes enfants, je suis obligé de vous mettre au collège. Votre mère et moi, nous pensons qu'un précepteur, si dévoué soit-il, ne peut plus vous suffire (H. Bazin, Vipère, 1948, p.270).


Fam. et pop. [Nous deux + subst. désignant la pers. que le locuteur unit à lui] Avec cette personne, cette personne et moi. Ça nous ira [ce genre de vie] à nous deux ma femme (Sue, Myst. Paris, t.9, 1843, p.360). V. deux I A 2 a loc. fam.


c) [Nous = je + ils (ou + elles); le groupe désigné par ils (elles) est déterminé individuellement ou collectivement] Elle: Nous devrions être couchés à cette heure-ci! Jean: Nous, madame? Elle: Non, je dis: «nous»... mes amis et moi! (Guitry, Veilleur, 1911, i, p.5). Nous demeurions là, des après-midi, coude à coude, le commissaire au milieu, à bercer ensemble nos secrets, nos craintes, et nos espoirs (Céline, Voyage, 1932, p.98).


d) [Nous = je + tu (ou + vous) + il(s) (ou + elle(s))] Nous étions toujours contents, elles et nous, de marquer notre amitié (Abellio, Pacifiques, 1946, p.16).


2. [Désigne une collectivité plus large dans laquelle s'inclut le locuteur, notamment province, quartier, pays, patrie; nous = je + ils collectif] Nous devons à Napoléon notre Code criminel, qui, plus que le Code civil (...) sera l'un des plus grands monuments de ce règne si court (Balzac, Splend. et mis., 1846, p.379). Êtes-vous du pays? Notre langue, Monsieur, est si belle, que, lorsque nous l'entendons en pays étranger, cela nous fait tressaillir (Mérimée, Carmen, 1847, p.35). Ce sont les yeux de l'autorité qui ont «flanché», comme nous disons à Ménilmontant (Frapié, Maternelle, 1904, p.77).


3. [Désigne l'humanité en général, la condition humaine, le locuteur et ses contemporains; nous = je + tu (ou + vous) + il(s) + tous; dans ce sens, peut servir de régime à on] Dans quel temps vivons-nous! (Balzac, Illus. perdues, 1843, p.610). À partir d'un certain âge, les enfants nous échappent (Gide, Faux-monn., 1925, p.1114):


2. Nous ne sommes pas plus forts que la vie. Interrogeons-la docilement; il ne convient pas de l'interrompre dès que nous avons saisi une, et une seule, de ses paroles: elle a encore beaucoup à nous dire, et nous beaucoup à en apprendre.

Huyghe, Dialog. avec visible, 1955, p.102.


[Pour exprimer la date] Nous sommes le dix; nous sommes jeudi. ?Quel jour sommes-nous, aujourd'hui? ?Samedi 15 mars (Mille, Barnavaux, 1908, p.71). Louise: Quelle date sommes-nous? Brotonneau: Le 7 mai (Flers, Caillavet, M. Brotonneau, 1923, ii, 2, p.11).


4. Valeur de sing. (syllepse de pers.)


a) [Employé pour je]

Plur. dit de majesté

[Le nous «autoritaire», des actes officiels] Nous, préfet de la Seine, ordonnons...:


3. Ordonnance créant l'Ordre de la Libération. Au nom du Peuple et de l'Empire français, Nous, Général De Gaulle, Chef des Français Libres, Vu notre Ordonnance no 1 du 27 octobre 1940, organisant les pouvoirs publics durant la guerre et instituant un Conseil de Défense de l'Empire...

De Gaulle, Mém. guerre, 1954, p.323.

[Le nous «emphatique», sans idée d'autorité, ou le nous de pudeur, pour ne pas dire je/moi] «Tenons-nous bien!» pensait le héros... «il va m'arriver quelque chose!» (A. Daudet, Tartarin de T., 1872, p.83). La gouvernante: Ne serait-il point décent que Sa Majesté nous accordât le loisir de nous vêtir? Le cardinal: Recouchez-vous, Madame (...). Les matins sont froids (Audiberti, Mal court, 1947, ii, p.154).

Plur. dit de modestie. [Le nous d'auteur. ,,C'est par modestie que les écrivains de Port-Royal l'avaient mis à la mode, pour éviter, disaient-ils, la vanité du moi`` (Besch. 1845)] Le lecteur nous permettra donc de ne pas nous occuper plus, à présent, de quelqu'un qu'il reverra suffisamment dans la suite (Gide, Prométhée, 1899, p.303).


b) Fam. [Employé pour tu (ou vous de politesse), ou pour la 3e pers., même du sing.; pour s'adresser à une ou des pers. ou parler d'elles et exprimer certaines nuances de sentiment (sympathie, condescendance, reproche affectueux, parfois ironie)] Le prince est mon ami, capitaine. ?Bon! bon! Ne nous fâchons pas... Vous ne prenez pas une absinthe? (A. Daudet, Tartarin de T., 1872, p.98). Marc: Hé! c'est notre amie Vivette... Où allons-nous donc de si bonne heure, miss Vivette, avec ces gros paquets? (A. Daudet, Arlésienne, 1872, ii, tabl. iii, p.404):


4. Assise sur son séant, la mère l'emmaillota largement, de ses mains expertes, plaisantant, répondant à chacun de ses cris: ?Oui, oui, je sais, nous avons très faim, très faim... Ça va venir, la soupe est au feu...

Zola, Fécondité, 1899, p.229.


c) [Employé pour il (ou elle) lorsque le locuteur (mandataire officiel, avocat, notaire) parle en tant que représentant des intérêts de son client, dans le style officiel] Le délégué: Nous prions humblement Votre Seigneurie de nous rendre notre parole (Claudel, Chr. Colomb, 1929, p.1166).


B. Fonctionnement syntaxique

1. [Nous atone, non prédicatif, en fonction de]


a) [Suj.] Depuis que nous avons appris la grande nouvelle de ton transfert dans l'infanterie (...), nous n'avons rien su de toi et nous nous en étonnons (Rivière, Corresp. [avec Alain-Fournier], 1907, p.304). [En concurrence avec on] Nous avions quelquefois des bouffées d'opulence pendant lesquelles l'argent se dépensait avec une ridicule prodigalité; puis, pendant longtemps, on retombait dans un état voisin de l'indigence (Karr, Sous tilleuls, 1832, p.270).

[Suj. d'une «prop. infinitive»] Elle nous fit traverser des salles aux plafonds effondrés (G. Leroux, Parfum, 1908, p.41).

[Devant voici, voilà] Nous voilà!... Nous arrivons! (Erckm.-Chatr., Hist. paysan, t.2, 1870, p.14). Nous voici partis tous trois, maman, le curé et moi, pour administrer mon oncle (Maupass., Contes et nouv., t.2, Marquis de F., 1886, p.67).


b) [Compl. d'obj. dir.] Ce déluge de la réalité qui nous submerge (Proust, Sodome, 1922, p.1115).


c) [Compl. d'obj. indir. ou compl. d'attribution] Elles vagirent comme des enfants: «Ouvrez-nous! Ouvrez-nous!» (Louys, Aphrodite, 1896, p.189):


5. Paris nous paraît gris, les femmes nous semblent laides, les roues des voitures nous semblent avoir des chaussons de lisière. Rien de la patrie ne nous sourit, pas même notre intérieur.

Goncourt, Journal, 1860, p.818.


d) [En emploi pronom., réfl., réciproque ou essentiellement pronom.; compl. d'obj. dir. ou indir.]

[réfl.] Nous feignions, pour ainsi dire, de ne pouvoir nous fixer sur rien (Musset, Confess. enf. s., 1836, p.284). Nous saisirons les ambassades anglaise et russe. Et nous nous laverons les mains du reste (Farrère, Homme qui assass., 1907, p.344).

[réciproque] Nous aurons le loisir de nous connaître et de nous apprécier; nous en viendrons peut-être à nous aimer (Sandeau, Mlle de La Seiglière, 1848, p.133). Nous sommes rentrées chacune dans notre chambre sans nous rien dire (Hugo, Misér., t.1, 1862, p.104).

[essentiellement pronom.] Vivons chacun de notre côté et puis, nous nous en irons un jour chacun du nôtre (Goncourt, Journal, 1858, p.503).


e) [Compl. d'intérêt, datif éthique, nous soulignant l'intérêt ou l'importance qu'a pour les pers. désignées par nous l'action exprimée par le verbe] Tais-toi, tu vas nous la tuer (Bernanos, Soleil Satan, 1926, p.74). Peut-être ben que le Survenant est allé au Congrès eucharistique et qu'il va nous revenir avec une foule de nouvelles à raconter (Guèvremont, Survenant, 1945, p.266).


2. [Nous tonique, prédicatif, en fonction de]


a) [Suj. accentué]

[Suj. ou thème d'une prop. infinitive] Et nous de rire, et Bertrand de se fâcher (Sénac de Meilhan, Émigré, 1797, p.1726). Vous comprenez, nous, aller nous bagarrer avec ces types-là, qui ne nous ont rien fait, en somme (Malraux, Espoir, 1937, p.496).


[Suj. d'une prop. ell.] La mer fut un instant très méchante, et nous fort malades (Michelet, Journal, 1834, p.141).


b) [Attribut, notamment après c'est] Ils prétendent posséder une bonne, une excellente physique. «C'est nous les savants!» s'écrient-ils (A. France, P. Nozière, 1899, p.165).


c) [Appos. à un subst. ou un pron., notamment le pron. nous atone ou (fam.) le pron. on] Tu es trop jeune. Vingt ans, vous ne vous rappelez pas... Nous, au contraire, on se rappelle (Ramuz, Gde peur mont., 1926, p.6). Chaque famille a ses petits secrets: nous en savons quelque chose, nous! (Bernanos, Joie, 1929, p.654). Nous, la délégation ?et les gars ?on a réfléchi, de notre côté (Malraux, Espoir, 1937, p.661).


[Suivi d'une prop. rel.] Nous cependant, qui écrivons ceci, nous tirons notre chapeau à ce cul-de-jatte (Montherl., Célibataires, 1934, p.758).


[Suivi d'une appos.] Une élite dans laquelle, pourtant, nous Français étions admis (Larbaud, F. Marquez, 1911, p.11).


d) [En coordination avec un subst. ou un pron. tonique, prédicatif] On s'est habitué, ces lieux et nous, à être ensemble (Barbusse, Feu, 1916, p.98).


e) [Compl. prép. (sauf les prép. temporelles durant, pendant, passé, etc.)] Grand saint Joseph, priez pour nous (Hémon, M. Chapdelaine, 1916, p.53).

[À nous renforçant le poss. notre, nos] Le temps, c'est notre champ de bataille, à nous. Mieux, c'est notre allié (Bourget, Sens mort, 1915, p.135).

[En emploi d'insistance, à la place d'un nous atone] Vous disiez ceci à l'Allemagne; pourquoi ne pas le dire à nous? (Maurras, Kiel et Tanger, 1914, p.120).


f) [Compl. de compar.] La ville commence à se remuer autant que nous (Colette, Cl. école, 1900, p.265).


g) Loc. et expr. avec nous tonique prép. À nous deux! V. deux ex. 5. Chez nous. V. chez ex. 8, 10 et A 1 ex. de Ringuet. Entre nous (soit dit). V. entre II A.

Malheur* à nous! Misère* de nous! Pauvre de* nous! Ce que c'est que de* nous!


h) [Nous tonique renforcé par]

[autre, fréq. dans l'Ouest et au Canada] Nous autres. V. autre I B 3.

[même] Nous-même(s). V. même II A 2.


Sens réfl.:

6. ... ce qui distingue uniquement la mémoire de la sensation en général, c'est que, dans la mémoire, nous avons conscience que cet objet présent est nous-même, le sujet, à un état antérieur de manifestation. Nous voyons de nous-même, objectivement, une certaine image.

P. Leroux, Humanité, 1840, p.278.

En partic. En personne. Nous leur donnâmes nous-même une poignée de piastres turques que les jeunes filles se partagèrent (Lamart., Voy. Orient, t.2, 1835, p.90).

De nous-mêmes. De notre propre initiative, spontanément. V. de1 I C ex. 4.

[seul(s), tous] Nous tous ici qui gagnons notre vie péniblement (Mirbeau, Journal femme ch., 1900, p.40). Notre sort dépend donc de nous seuls! Nous sommes les maîtres de notre destin (Martin du G., Thib., Été 14, 1936, p.493).

[un adj. numéral cardinal] V. aussi supra g à nous deux! et supra A 1 b (pop.) nous deux mon frère. Il nous restait environ un kilo de pain à nous quatre (Martin du G., Thib., Été 14, 1936 p.369).


3. Mécanismes syntaxiques (place, accord, constr., ell.)


a) [En emploi non prédicatif, est antéposé au verbe, sauf]

[en phrase interr. comme suj. (lang. écrite; lang. soutenue)] Ne sommes-nous pas leurs représentants ici? (Giraudoux, Intermezzo, 1933, iii, 1, p.157).

[en phrase impérative positive comme compl.] Rends-le-nous. Allons-nous en, la femme nous attend pour la soupe (Aymé, Jument, 1933, p.192).

Rem. Ds la lang. fam., parfois, le/la/les sont placés après nous obj. indir. Rends-nous-le, dis-nous-le. Voir Grevisse, Le Fr. correct, Gembloux, Duculot, 1973, p.188.


b) [Le verbe s'accorde]

[à la 3e pers. du plur. ou du sing. lorsque nous tonique est compl. partitif] C'est elle qui voulait mourir. Aucun de nous n'était assez fort pour la décider à vivre (Anouilh, Antig., 1946, p.196).

[à la 1re pers. du plur. après c'est nous] Ce n'est pas nous qui avons commencé (Beauvoir, Mandarins, 1954, p.223).

[au sing. (ainsi que les subst., adj., part. et appos.) avec un nous = «je» (de majesté, d'auteur, de modestie)] Nous, maire de la commune, convaincu que... Quant à nous, adonné à la lecture heureuse, nous ne lisons, nous ne relisons que ce qui nous plaît (Bachelard, Poét. espace, 1957, p.9).

Rem. Lorsque nous désigne une femme, l'accord du part. passé se fait au fém.: Nous nous trouvions placée devant une double impasse (I. Tamba-Mecz, Le Sens fig., Paris, P.U.F., 1981, p.17).


c) [Ell. de nous atone suj. dans une suite de verbes coordonnés ou juxtaposés à la 1re pers. du plur.] Nous nous levâmes et prîmes congé (A. France, Vie fleur, 1922, p.301).

[Avec une appos. sans reprise de nous tonique] Nous, gens de village, sommes tenus de parler français, pour n'être point repris (Courier, Pamphlets pol., Au réd. la Quotidienne, 1823, p.205).

[avec deux suj. coordonnés] V. moi, toi, vous.


d) Constr. partic.

? Il nous laisse reposer; il nous fait asseoir (ell. du pronom. avec les auxil. factitifs faire, laisser...). Mademoiselle nous laisse un peu reposer, de peur que nous ne soyons trop défraîchies pour le grand jour (Colette, Cl. école, 1900, p.279).

Fam. Un ami à nous. Un de nos amis. Il est là-bas chez des amis à nous (Montherl., Bestiaires, 1926, p.502).

Littéraire

Une lettre à nous adressée (antéposition de nous prép. devant un part. passé). L'éditeur Lemerre (à qui nous devons les oeuvres de poésie par nous étudiées à l'instant) (Mallarmé, Dern. mode, 1874, p.804).

Il nous veut + inf. (nous antéposé à l'auxil. suivi d'un inf.). Il nous veut terrasser: plions les reins, mais avec élégance (Boylesve, Leçon d'amour, 1902, p.178).


II. Emploi subst. masc. sing. [Avec déterm.] Le nous. La communauté de deux ou plusieurs êtres humains ayant des relations interpersonnelles et des intérêts communs. Elle avait cessé de s'occuper du moi, ou de l'homme individu, de l'homme abstrait, pour s'éprendre du nous, ou de l'humanité (P.Leroux, Humanité, 1840, p.140).


PHILOSOPHIE


Dans le platonisme, l'esprit en tant qu'il saisit intuitivement la réalité des choses, l'«Idée» au delà des apparences sensibles (d'apr. Logos). Aristote utilise l'intelligence contre l'affectivité, le nous contre l'éros de Platon (Choisy, Psychanal., 1950, p.227).

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Chez les existentialistes, «le Nous» désigne un groupe humain caractérisé par des relations authentiques et non pas anonymes. Les membres du groupe gardent chacun une disponibilité spontanée à l'égard d'autrui, et pourtant ils participent à l'obligation collective. Contrairement à l'inauthenticité du «On», le «Nous» sauvegarde l'intimité et le pouvoir de décision des individus`` (Thinès-Lemp. 1975).


Prononc. et Orth.: [nu]. Homon. noue et formes de nouer. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. I. Pron. pers. 1re pers. du plur. tonique et atone A. cas régime direct 1. atone ca 881 précède le verbe (Ste Eulalie, 28 ds Henry Chrestomathie, p.3: ... et a lui [Christus] nos laist venir); 2e moitié xe s. (St Léger, éd. J. Linskill, 239: Il [Lethgiers] nos aiud ob ciel Senior); ca 1050 régime d'un inf., lui-même régime d'un autre verbe, nus se place non devant l'inf. mais devant cet autre verbe (St Alexis, éd. Chr. Storey, 11: Puis icel tens que Deus nus vint salver); ca 1100 (Roland, éd. J. Bédier, 1149: Li emperere nos devreit ben venger; 1744); 2. tonique a) ca 1100 (ibid., 1747-48: Nostre Franceis ... Truverunt nos e morz e detrenchez, Leverunt nos en bieres sur sumers); b) id. après un verbe à l'impér. en début de prop. (ibid., 1906-07: Paien escrient: ,,Aïe nos, Mahum! Li nostre deu, vengez nos de Carlun!...``). B. Cas régime indirect 1. tonique a)ca 881 après une prép. (Ste Eulalie, 26-27, p.3: Tuit oram que por nos degnet preier [Eulalia] Qued auuisset de nos Christus mercit); fin xes. (Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 502: contra nos eps [nos ipsos; a. prov.] pugnar devem); 1365 chiés nous (Froissart, Meliador, éd. A.Longnon, 633); b) après un impér. en début de phrase, fin xes. (Passion, 188: ,,Di nos, prophete, chi t'o fisdret?``); ca 1100 le pron. pers. régime direct précède nus régime indirect (Roland, 2560: ,,Sire, rendez le nus! ...``);

2. atone fin xe s. précède le verbe (Passion, 11: La sua morz vida nos rend; 307); ca 1100 le pron. pers. régime direct précède nus régime indirect (Roland, 1008: Respont Rollant: ,,E! Deus la nus otreit!...``; 3013). C. Cas suj. 1. atone 2e moitié xe s. plur. de narration représentant l'auteur et ses lecteurs (St Léger, 6: Et or es temps et si est biens Quae nos cantumps de sant Lethgier); fin xes. (Passion, 305: O Deus... Nos te laudam e noit e di); ca 1100 le compl. étant placé en tête de la phrase, le verbe se place entre ce compl. et le suj. (Roland, 77: Dient paien: ,,De ço avun nus asez!``); xiiie s. en prop. interr., le verbe précède le pron. (Aucassin et Nicolette, éd. M. Roques, 27, 10, p.29: En quel tere en irons nous?); 2. tonique fin xes. (Passion, 291: El mor a tort, ren non forsfist; Mais nos a dreit per colpas granz Esmes oidi en cest ahanz; 501); fin xiie s. nos meïsmes (Béroul, Tristan, éd. A. Ewert, 599). II. Nous peut désigner le locuteur seul, non associé à d'autres personnes A. Ca 1200 (Auberée, 165 ds T.-L.: Se riens vous faut, dites le nous [= moi]); 2e moitié xiiies. (Blancandin, 561, ibid.). B. Ca 1213 nous dit ,,de modestie`` désignant l'auteur parlant à la 1re personne (Fet des Romains, éd. K. Sneyders de Vogel, IV, 2, 17, t.1, p.726). C. 1241, nous dit ,,de majesté`` par lequel se désigne lui-même un grand personnage dans un acte officiel (Charte de Thibaud, roi de Navarre et comte de Champagne ds Layettes du Trésor des chartes, éd. A. Teulet, t.2, p.447a: Nos Tiebauz...Sachent tuit...que...nostre ami...). III. Emploi subst. 1674 «ensemble formé par deux ou plusieurs personnes» ici, les Muses (La Fontaine, Poèmes, Clymène ds OEuvres, éd. P. Clarac, 1968, t.2, p.35); 1751 (D'Alembert, Discours préliminaire de l'Encyclop. ds OEuvres, éd. Paris, A. Belin, t.1, 1821, p.22). Du lat. nos, pron. pers. de la 1repers. du plur. tonique et atone, quelquefois employé au sens de ego, notamment pour accentuer une opposition (Virgile, Bucoliques, I, 3, 4). Depuis le haut Moy. Âge (Léon le Grand), nos s'emploie comme plur. dit ,,de majesté`` (cf. ixe s. Raban Maur [pour une autorité relig.]; id. Dipl. Arnulfi [autorité civile] ds Nov. gloss.) et comme plur. ,,de narration`` pour représenter l'auteur qui s'exprime (2e moitié viiies., Liutger) ou l'auteur et ses lecteurs (xe s., ibid.). Fréq. abs. littér.: 334508. Fréq. rel. littér.: xixe s.: a) 488618, b) 434681; xxe s.: a) 447815, b) 503474. Bbg. Eringa (S.). La Signif. du pron. nous en fr. J. de psychol. normale et pathol. 1950, t.43, pp.171-179. _Furukawa (N.). Le Nombre gramm. en fr. contemp. Tokyo, 1977, pp.122-125. _ Giscard d'Estaing-Mitterand: 54774 mots pour convaincre. Par J.-M. Cotteret, et alii. Paris, 1976, pp.203-213. _Gougenheim (G.).Le Nous de solidarité et de substitution. R. Philol. fr. 1933, t.45, pp.109-117. _Grafström (Å.). On remplaçant nous en fr. R. Ling. rom. 1969, t.33, pp.270-298. _ Hausmann (F. J.). Wie alt ist das gesprochene Französisch? Rom. Forsch. 1979, t.91, pp.431-444. _Loffler-Laurian (A.-M.). L'Expr. du locuteur ds les discours sc. R.Ling. rom. 1980, t.44, pp.135-157. _Spitzer (L.). Vous et nous régimes atones de on. Fr. mod. 1940, t.8, pp.323-343."


source


&







Regis Debray


& http://www.mediologie.org/


& http://fr.wikipedia.org/wiki/Régis_Debray


& voir/ see:


http://www.culturalgangbang.com/2009/02/o-brother.html


http://www.e-litterature.net/publier2/spip/spip.php?article728


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